CHRONIQUE D'UNE ÉLECTION...
OU L'HISTOIRE D`UNE
INDISPENSABLE MODERNISATION
Juin 1995. La liste conduite par Sébastien Cansell l'emporte au second tour, dans des proportions toutefois moindres que lors des scrutins précédents.
En cela, cette date aura signifié d'une certaine manière la fin d'une longue histoire de près de vingt ans, née au milieu des années 70. Une période qui aura profondément marqué Woippy, structurant une ville complexe issue de la rencontre entre un village lorrain et une urbanisation rapide dont on mesure encore largement les effets et les difficultés aujourd'hui.
De ces élections de 1995, plusieurs enseignements devront alors être tirés :

- Woippy a profondément changé. Les besoins de la population, en particulier dans les quartiers Est et au Quartier du Roi, plus récemment au centre, sont désormais davantage liés à des questions de cadre de vie et de sécurité quotidienne.

- La dynamique traditionnelle de l'Union de la Gauche, qui s'était en quelque sorte imposée tout au long des mandats précédents et s'était incarnée dans la personne de Sébastien Cansell, s'épuisait peu à peu, éprouvant des difficultés à se renouveler et à s'adapter à de nouveaux problèmes.

- La relation entre les élus et les citoyens devait être modifiée, transformée, dans un souci plus affirmé de participation et d'écoute, tout en confirmant les choix sur lesquels le groupe municipal en place avait été élu.

A cet égard, 1995 aura été sans nul doute un tournant dans ce qu'il conviendra d'appeler la nécessaire modernisation des conceptions de l'action municipale.

D'où, au sein de l'équipe municipale, des divergences fortes entre les partisans d'une rénovation profonde de l'action municipale centrée sur les nouveaux besoins de la population, et ceux, moins nombreux, encore très attachés aux valeurs d'une Gauche traditionnelle, défensive, en difficulté avec les questions de sécurité à l'échelle de la commune, incapable d'intégrer dans ses conceptions les évolutions sociales d'une population de plus en plus défiante vis à vis de la classe politique en général.

La liste conduite par Jean-Paul PILLA trouve son explication encore aujourd'hui dans ces questions essentielles, à savoir :

- Devait-on mettre en place une politique de sécurité au niveau de la commune de Woippy ?

- Devait-on rénover en profondeur les conceptions en matière d'action municipale, en les modernisant, en les rendant plus proches des citoyens ?

- Devait-on sortir d'une politique purement gestionnaire et comptable pour redonner sens et vigueur à un véritable projet global pour la commune, en préparant par exemple l'intercommunalité ?

Jean-Paul PILLA était opposé à cette refondation indispensable. Jérôme PRACHE, quant à lui, en avait saisi toute l'importance. D'où sa désignation à la fonction de Maire lors de la démission de Sébastien Cansell.

Difficile exercice que de dire les choses, d'autant qu'il s'est agi alors d'une remise en cause profonde de toute l'histoire de la Gauche à Woippy.

Certes, elle fut cause de rupture avec certains. On peut le regretter. Plus au-delà, et c'est essentiel, elle permit aussi d'engager Woippy sur la voie de la modernité.

Une voie qu'il nous faut suivre pour que Woippy réussisse demain. C'est à cette passionnante expérience collective que nous vous convions avec Jérôme PRACHE !