Woippy Info : Une autre lecture de l'actualité... (Semaine du 19 août 2013 au 26 août 2013)
LES AVENTURES DE FRANÇOIS GROSDIDIER (2) : On n’est jamais mieux servi que par soi-même
François Grosdidier, sénateur-maire (UMP) de Woippy, est passionné d’écologie. Si si ! Même que ça nous coûte les yeux de la tête, à nous, contribuables. Il est aussi devin : en novembre 2010, il savait qu’il serait élu sénateur en septembre 2011 et quel bureau il occuperait. Trop fort !

Le 18 octobre 2012, le bureau des associations de la préfecture de police de Paris voit arriver un curieux procès-verbal. Il relate l’assemblée générale ordinaire de l’association Valeur écologie qui s’est tenu… deux ans plus tôt ! La Poste, mon bon monsieur, c’est plus ce que c’était…

Les surprises ne sont pas finies. Lors de cette AGO du 9 novembre 2010, Valeur Ecologie a pris une décision d’importance : le transfert de son siège social. Il est désormais fixé au Sénat, bureau R 0560. Le bureau de François Grosdidier, président de l’association et… député de Moselle ! C’est ça le problème avec les crimes qu’on croit parfaits : y’a toujours un détail qui cloche et qui n’a pas échappé à l’oeil averti de Columbo qui n’a plus qu’à laisser mijoter le suspect jusqu’à ce qu’il soit à point pour la chaise électrique.

Car ce qui est vraiment bêta, mais alors bêta comme tout, c’est que le 9 novembre 2010, François Grosdidier était député UMP de la 1re circonscription de Moselle, pas sénateur. Il ne l’est devenu que le 25 septembre 2011. Sauf à savoir, avec un an d’avance, qu’il aurait l’investiture de l’UMP – ce qui n’était pas gagné –, qu’il serait élu – contre une autre liste de l’UMP ! – et qu’il aurait précisément ce bureau, il y a un loup.

Voilà que Sarko est toujours président !

A y regarder de plus près, c’est même une meute de loups. Sur la page Facebook de l’association, vaguement mise à jour de publications d’un intérêt relatif mais qui ont l’avantage de meubler, Valeur écologie est toujours présentée comme « le mouvement écolo de la majorité présidentielle, de la droite et du centre ». Info, que nous tenons d’une source extrêmement fiable, à François Grosdidier et à son collaborateur Jean-Philippe Zappa, en charge d’Internet : la « majorité présidentielle » a changé ! Nan mais Allô ! Quoi.

Autre loup (qui commence à en perdre ses poils et à suer devant un Columbo de plus en plus incisif) : au comité directeur figure toujours, à la date du 12 août 2013, un panel de personnalités dont Fabienne Keller, ancien maire de Strasbourg, ou Françoise Grossetête, député au Parlement eu ropéen, qui s’en était étonnée en ces termes dans « Le Parisien » du 5 avril dernier : « Valeur écologie, ça existe encore ? Cela fait des années que je n’ai pas de nouvelles. » Les retards de courrier sans doute…

Les finances publiques, elles, savent que Valeur écologie n’a pas cessé d’exister. A l’automne dernier, Médiapart a révélé que François Grosdidier avait utilisé sa fameuse « réserve parlementaire » de député pour octroyer 60 000 euros à Valeur écologie qu’il préside !

Côté farce, on ne critique pas, mais côté fair play, y’aurait à redire… « Je n’y vois rien d’étranger sur le plan moral » a répondu Grosdidier à Médiapart, ce qui n’a pas été l’avis de l’opposant Philippe Mousnier, qui a porté plainte devant le procureur de la République de Metz pour « prise illégale d’intérêts et détournement de fonds publics ».

L’écologie, c’est vraiment devenu hors de prix

A peu près aussi adroit dans sa défense que dans le calendrier grégorien, même corrigé des variations postales saisonnières, Grosdidier a commencé par dire :

1. qu’il n’avait « pas d’intérêt personnel dans cette association » (il doit faire ça pour la cause) ;

2. que la réserve parlementaire « n’a pas d’existence légale » (sous-entendu : vous pouvez toujours courir pour m’attribuer un acte illégal dans un cadre qui n’a pas d’existence légale) ;

3. que le ministre de l’Environnement (à l’époque Delphine Batho) devait obligatoirement signer pour que les fonds soient débloqués, manière de lui refiler la patate chaude.

Pas de pot, non seulement Delphine Batho a confirmé que Valeurs écologie avait perçu 60 000 euros de la cassette à discrétion de Grosdidier mais elle s’est vengée de ce coup très bas. Elle a révélé, par courrier, que Valeur écologie avait déjà touché la très déraisonnable somme de 100 000 euros en 2009 sur la cagnotte du même Grosdidier, à une époque où, certes, le député-maire de Woippy n’en était pas président (il l’est devenu en 2009) mais où il en était le secrétaire général. Total : un gros million de francs.

Question subsidiaire, à laquelle aucune réponse sérieuse n’a été apportée pour le moment : tous ces sous, c’était pour quoi faire ? 

Antoine Vouillazère
14 août 2013 Minute 2629 page 9
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Dernière mise à jour : Lundi 19 août 2013 08h19