Woippy Info : Une autre lecture de l'actualité... (Semaine du 4 février 2013 au 11 février 2013)
Dans le rétro de Woippy
En deux cents ans, Woippy, petit village sis aux portes de Metz est devenu une ville à part entière. L’agriculture a peu à peu laissé la place à l’industrie et au commerce. Les terres cultivées ont été transformées en divers quartiers urbanisés, et la population n’a cessé de croître jusque dans les années 90, avant d’amorcer une légère baisse. Quant aux fraises, leur production n’est plus qu’anecdotique, mais leur doux parfum sucré hante encore les mémoires des anciens.

Woippy : un village en plein essor depuis deux siècles

Situé au nord de Metz, Woippy est aujourd’hui une ville dynamique, accueillant de nombreux commerces et entreprises. Pourtant, il y a encore deux cents ans, ce n’était qu’un village, vivant principalement, comme tant d’autres, de l’agriculture.

Dans les années 40, il y avait encore un no man’s land entre Woippy et Metz. Aujourd’hui, il n’y a plus de démarcation », raconte la Woippycienne Françoise Mognon. Et pour cause, le petit village composé de quelques rues et de fermes est devenu, en deux cents ans, une ville à part entière.

Les terres agricoles woippyciennes ont peu à peu laissé place à l’industrie et au commerce entraînant aussi une forte hausse du nombre d’habitants.

Les prémices de l’essor

Céréales, vignes… L’agriculture est, avec l’artisanat, la principale source de revenus du village au XIXe siècle. En 1868, le secteur primaire est renforcé par l’arrivée de la fraisiculture. Implantée grâce aux frères Dominique et Jacques Vion, la fraise s’étend ensuite dans le pays messin et gagne une renommée nationale.

En 1939, Woippy en compte 320 ha sur les 1 230 ha cultivés en Moselle. Mais après presque un siècle de production, le marché s’affaiblit : « Les gelées de 1956 et le manque de stabilité des revenus ont joué un rôle dans le déclin de la fraisiculture », indique Françoise Mognon. Aujourd’hui, la fraise est uniquement produite pour le marché local.

Tandis que l’agriculture est en pleine expansion à la fin du XIXe siècle, l’industrialisation n’en n’est qu’à ses balbutiements.

Dans les années 1820, deux brasseries ouvrent leurs portes à la Maison Neuve et à la Maison Rouge. Par la suite, d’autres petites entreprises se créent. Parmi elles, un atelier de galvanisation (1842), une conserverie (1900) et l’entreprise d’horticulture Au Cyclamen (1908). La mise en service de la ligne de chemin de fer Metz-Thionville en 1854, et la construction d’une gare en 1901 et en 1908, permettent de désenclaver le village.

Un boom économique et démographique

La fin de la Seconde Guerre mondiale marque le début d’une ère nouvelle. D’importants pôles et entreprises s’installent, comme les Établissements Pierre Dumas en 1957 et la gare de triage en 1963.

Cette époque se distingue surtout par une importante hausse de la population. De 2 024 habitants en 1946, Woippy passe à 14 326 âmes en 1990, soit une augmentation de 608 %. Ce développement rapide s’explique par la construction de nombreux quartiers et lotissements. Certains sont en lien avec l’industrialisation, comme le Quartier du Roi, bâti en 1963 pour loger les employés de la SNCF.

Aujourd’hui, Woippy compte 505 entreprises de toutes tailles. La ville continue son agrandissement avec, par exemple, l’extension de la zone d’activités Berlange et la création de la Zac des Coteaux. Malgré cela, le dernier recensement fait état d’une baisse de 3,9 % du nombre des habitants depuis 1999.

« Woippy sentait la fraise »

« Avant, il y avait des champs de fraises partout et nous sentions leur odeur dans tout le village. C’est dommage que ça ait disparu ». Françoise Mognon est née à Woippy et, hormis pendant la guerre, y a vécu toute sa vie. Son mari René, originaire de Franche-Comté, s’est installé dans le village mosellan peu de temps avant leur mariage, en 1956.

Tous deux ont suivi la transformation de la commune. « C’est plus plaisant d’être dans un petit village, mais aujourd’hui, nous avons toutes les commodités de la ville . Les deux époques ne sont pas comparables, elles sont aussi bien l’une que l’autre », raconte le couple de retraités.

Tout comme le paysage, l’ambiance et les loisirs ont évolué : « Ce n’est plus pareil qu’avant. Dans les années 40, les portes des maisons étaient toujours ouvertes, les enfants jouaient aux billes dans les rues et il y avait de nombreuses fêtes, comme les relèves-selles ( soirée organisée une semaine après la fête patronale ) et les bals dominicaux pendant la saison des fraises. Maintenant, les gens sont plus renfermés et beaucoup de festivités ont disparu ».


De Wapus à Woippy

Mentionné pour la première fois en 1123 dans une bulle du Pape Calixte II, le nom de Woippy, Guapeio en latin, viendrait de Wapus , propriétaire d’une villa à l’époque gallo-romaine. Wapey en 1300, Vapy en 1455, Vuoypy en 1617… Après une vingtaine d’orthographes différentes, Woippy prend sa forme actuelle au XIXe siècle.

La procession du Graoully

Depuis le XIIe siècle, et jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, le maire de Woippy avait pour tâche de porter l’effigie du Graoully (dragon mythique) lors des processions messines de la Saint-Marc et des Rogations. Lors de ces cortèges, si le Graoully passait devant une boulangerie, le boulanger devait jeter un pain dans la gueule de l’animal. L’intégralité de la collecte était offerte au porteur.
Source  R.L. Réagir à cet article Imprimer cet article Envoyer cet article
 
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Dernière mise à jour : Lundi 11 février 2013 17h51