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FRANÇOIS GROSDIDIER : Il veut faire oublier son passé d'extrême droite
Click pour agrandir l'imageDéputé UMP de la Moselle, François Grosdidier est le nouveau secrétaire national à l'Intégration. En fait, il est chargé de s'occuper de l'immigration et de l'arrivée des populations allogènes. Passant pour appartenir à la droite "dure" de l'UMP, il n'a pourtant eu de cesse, depuis qu'il est élu, de faire oublier son passé d'extrême droite.

Le président de l'UMP, Nicolas Sarkozy, a nommé, lundi 26 juin, François Grosdidier, 45 ans, secrétaire national à l'Intégration. Cette nomination n'intervient nullement au hasard : elle s'inscrit dans les rodomontades du ministre de l'Intérieur. Prétendant « serrer la vis » aux familles d'immigrés clandestins ayant des enfants à l'école ou au collège, il s'apprête à accorder des permis de séjour à plusieurs dizaines de milliers d'entre eux.


Effets d'annonce et mesures laxistes

Nul doute que le député de Moselle ne fasse merveille dans ses nouvelles fonctions puisqu'il a toujours multiplié effets d'annonce et mesures laxistes. Tout récemment, Grosdidier avait été à l'origine d'une lettre de 153 députés et 49 sénateurs adressée au garde des sceaux et réclamant des poursuites à l'encontre de sept groupes de rap — dont Monsieur R... — mais la plupart de ces groupes n'existaient plus depuis plus de cinq ans (Le Monde du 25 novembre 2005) et tous les groupes poursuivis, comme Monsieur R, ont été relaxés.

Le maire de Woippy avait provoqué la colère des députés socialistes, le 30 novembre 2005, lors des questions au gouvernement. M. Grosdidier avait déclaré : « Dans ma commune, lors d'un mariage sur deux l'hôtel de ville résonne de youyous. » En réalité, cette déclaration était positive comme devait l'assurer Grosdidier en personne. Peu après, il a d'ailleurs déposé deux propositions de loi, l'une visant à« modifier la loi de 1905 sur la séparation de l'Eglise et de l'Etat et permettre aux collectivités locales de construire des lieux de cultes ». La deuxième a pour objectif d'« intégrer le culte musulman dans le droit concordataire d'Alsace et de Moselle ». Bref, il veut financer par les impôts la construction de mosquées en Alsace-Lorraine et assurer les salaires des imams, pour la plupart de nationalité étrangère (Turcs, Marocains, Algériens, etc.).

Né le 25 février 1961 à Metz (Moselle), ce fils d'un ingénieur sidérurgiste et d'une bibliothécaire a une maîtrise de droit et un DES d'administration municipale. A 18 ans, il s'est engagé dans l'Armée pour servir Outre-Mer. A son retour, il exercera de petits emplois. Il a vécu durant sa jeunesse à Hagondange. C'est à cette époque que le jeune homme s'engage nettement à droite. Il assure aujourd'hui qu'il s'agissait d'une erreur de jeunesse et n'avoir passé que six mois au Parti des forces nouvelles (en 1978), parti ayant pris la suite d'Ordre nouveau après sa dissolution.


Exclu du lycée

En fait, comme le rappellera Le Républicain lorrain (23 septembre 1993), il y militait encore en 1979 puisqu'il séchera les cours de son lycée pour faire la campagne des européennes du PFNB et sera alors exclu de son lycée. Le 10 janvier 1980, Rivarol publie encore sa lettre Redonner à la droite toute sa place où il estime que le PFN est l'avenir de la droite en s'entendant avec l'UDF et le RPR en « brisant le cercle vicieux » de l'isolement. En fait, il appartient à une petite équipe de militants nationaux (dont certains repartiront vers le Front national) qui rejoint le RPR après la victoire de Mitterrand en 1981 et qui prend le contrôle de l'Association des amis des jeunes RPR de Moselle). Le journal de l'association, Vitamine C, avait pour directeur de publication François Grosdidier et pour rédacteur en chef notre ami Thierry Gourlot, infatigable responsable du FN dans le département. En 1985 (Le Quotidien de Paris, 11 mai 1985), il signe encore un appel de militants RPR et UDF prônant l'alliance avec le Front national.

Ayant débuté en 1984 comme chargé de mission (devenant rapidement secrétaire général) au Syndicat mixte du Nord-Métropole Lorraine et du district du nord de l'agglomération messine, ce père de deux enfants intégra rapidement les rangs du RPR, nettement plus prometteurs, et se retrouva conseiller municipal RPR de Metz (1989-1995).

Elu conseiller régional de Lorraine en 1992, il se présente en 1988 dans le canton de Metz-III mais sera sévèrement battu par Nathalie Griesbeck, adjointe au maire Jean-Marie Rausch de Metz, la gauche ayant massivement voté pour elle pour le faire battre. Ses relations avec le maire n'iront pas en s'améliorant. En avril 1993, il sera condamné pour injures publiques à son égard pour avoir déclare : « Vous êtes le bébé monstrueux accouché par la conjonction des staliniens et de l'extrême droite. Vous étiez le maire socialo-centriste de Metz, vous êtes devenu le président facho-communiste de la région. » En fait, Rausch devait démissionner deux jours plus tard de la présidence.


Il préfère être battu qu'être élu avec les voix du FN

Grosdidier se fit élire, en 1993, dans la 1ère circonscription de Moselle, ayant obtenu 52,46 % face à l'ancien ministre socialiste aux Anciens combattants Jean Laurain (il avait dû affronter au premier tour un UDF dissident soutenu par le maire mitterrandien d'ouverture Jean-Marie Rausch). L'affaire ne s'était pas faite sans peine d'autant qu'il avait jeté au départ son dévolu sur la 3e circonscription de Moselle, avec l'appui du Dr Kiffer, lui aussi ancien du PFN (passé au CNI puis au RPR).

Il lance alors Moselle-Entreprises, un club des voulant d'influence avec des déjeuners mensuels censés servir d'interface entre chefs d'entreprise locaux et décideurs publics. Alain Juppé lui confiera une mission sur la reconversion des bassins mono-industriels. Il se rendra également en Israël en 1994. En 1997, il fut battu dans une triangulaire (41,03 %) qui l'opposa au socialiste Gérard Terrier, maire de Maizières-les-Metz, et le frontiste Huy Herlory (14,94 %). Il déclare alors : « Le FN voulait me faire tomber. Il m'a fait trébucher. A 36 ans, j'ai le temps de me relever. De toute façon, je préfère être battu qu'élu autrement », c'est-à-dire avec les reports de voix FN. Il se reclassa alors comme secrétaire général du groupe de mécanique de précision Pressilor (2000-2002). Finalement, en 2002, il retrouvait son siège avec 55,18 % face au socialiste sortant. En 2001, il s'était déjà fait élire maire de Woippy, ville plus facile à prendre que Metz, et prit la présidence de multiples groupements et collectivités locales diverses. Il préside notamment à la Société d'équipement du bassin lorrain (SEBL), une société d'économie mixte chargée de « procéder aux études et à tous les actes nécessaires » à la réalisation de grands équipements collectifs (la Cour des comptes s'intéressera à sa gestion, cf Libération, 13 octobre 1999). En parallèle, il est coopté au Haut Conseil à l'Intégration (1996-1999 et depuis sa réélection) et devient secrétaire fédéral de la fédération UMP de Moselle en 2003. Membre de l'Association des amis de Jacques Chirac, président de l'association Ecologie responsable, il rêve de longue date de disposer d'un maroquin au gouvernement. En 2004, il envisage même de se présenter à la présidence de l'UMP puis fera machine arrière, faute d'avoir eu les signatures nécessaires à son projet.

Michel LIMIER
NH 1148 -SEMAINE DU 20 AU 26 JUILLET 2006
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Dernière mise à jour : Jeudi 5 octobre 2006 00h00